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UN TERRIL VIRTUEL

Un espace pavé de cailloux,

que je suis allé chercher sur place

pour la plupart, mon goût pour

le terrain prévalant sur mon goût

pour la collection...

  • FLUO MORVAN

Pour visualiser la collection, je vous conseille d'utiliser le diaporama...

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MON AUTRE PASSION

Quand je ne cours pas la lande ou la galerie à la recherche des cristaux, je sors mes pinceaux, en adepte de la peinture à l'huile. J'expose de temps en temps, et je peins pour les amis.


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Texte Libre

LA FOIRE

Le bon Roy Louis avait accordé à la belle ville de Belleville le droit de faire foire le jour de la Saint-André... Foire aux chevaux, où même Mandrin venait, quittant son Dauphiné, et prenant asile dans une auberge du port de Belleville, aujourd'hui disparue. Cette foire a été pendant des siècles une manifestation incontournable pour tout le Beaujolais, voire l'Ain, et une partie de la Loire.

 

Dans les années cinquante, les forains s'étalaient jusqu'à la moitié haute de la ville. Partout, les aboyeurs et les casseurs de vaisselle donnaient un spectacle très prisé par les familles descendant du Beaujolais par le car... Des odeurs de gaufres et de frites flottaient dans l'air.... Très souvent, le jour de la foire battait le rappel des premières neiges, et les vignerons accompagnés de leurs épouses investissaient dans une nouvelle casquette, une veste chaude, une paire de souliers fourrés... En partant vers le Champ de Foire, la rue fleurait bon le suif des cuirs d'attelage. Les quincaillers vendaient des serpettes de vendange, des clous, des boîtes de graisse. Un chapiteau dressé sur le champ abritait les agapes bruyantes de maquignons arrosant leur lard d'un Beaujolais généreux. L'odeur du crottin était lourde, autour des bêtes à la queue tressée, qui avaient pris possession de la ville bien avant l'aurore, égayant les rues désertes du bruit de leurs sabots cirés. Les enfants essayaient de toucher les jeunes veaux au front bouclé, les vaches plantureuses aux mamelles rebondies mâchonnaient du foin en tapissant le gravier de leurs bouses. Quelquefois, un étalon vindicatif essayait de fausser compagnie au maquignon... Devant l'église, les vendeurs de voitures, dans leurs manteaux de laine, cigarette au bec,  guettaient le pigeon, et les hommes salivaient devant des machines brillantes, en s'imaginant au volant...

 

La foire était un jour de fête, et les usines et les écoles chômaient ce jour-là. C'était aussi l'occasion de retrouvailles, et souvent, les parents éloignés rejoignaient les familles bellevilloises pour ripailler. Les enfants ce jour-là, recevaient une pièce pour les manèges qui tournaient sur la place de l'église...

 

La foire aujourd'hui n'est plus la foire de la Saint-André... Elle survit encore un peu, le dernier Dimanche de Novembre. Les casseurs de vaisselle ont disparu, remplacés par des sarrazins antipathiques essayant de vendre des vêtements de pacotille à de rares badauds inintéressés. Il n'y a plus dans les rues cette bonne humeur collective, et les gens se déplacent rapidement dans les rues vides de marchands. La place de l'église est vide, de toute façon, il n'y a pas de place pour une manifestation en ce lieu, la municipalité ayant décidé avec l'aide d'un architecte rêveur, de massacrer l'environnement en empilant des cubes comme un barrage anti-chars.

 

Nostalgie...

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